samedi 2 février 2019

豬的新年快樂

 豬的新年快樂

Joyeuse nouvelle année du cochon


C'est ce mardi 5 février que le calendrier lunaire chinois nous fera entrer dans le signe du cochon de terre.
12 animaux (du rat au cochon), 5 éléments ou plus exactement mouvements (bois, feu, terre, métal et eau), chacun durant 2 ans, nous sommes donc dans un cycle hexadécimal. Grâce à la conférence de Jean-Pierre sur le temps et les calendriers et à celle - plus récente - de Jean-Louis sur les principes fondamentaux, on comprend tout !

Nous vous souhaitons le meilleur pour cette année avec de belles rencontres.



mercredi 23 janvier 2019

Ouverture du site de la BNF "Patrimoines partagés : France-Chine"


Claude vient de nous transmettre l'adresse d'un site de la BnF très intéressant permettant de découvrir 7000 documents concernant quatre siècles d'échange avec la Chine. Un grand merci à elle.
Voici l'adresse du site :


et de la lettre "actuaLitté annonçant l'ouverture du site dont vous trouverez ci-dessous quelques extraits


Jean-Louis


«Dernière-née de la collection numérique « Patrimoines partagés » lancée par la BnF en 2017, la bibliothèque numérique France-Chine invite à découvrir cinq siècles de relations franco-chinoises, entre curiosité et fascination réciproques. Ce projet est le quatrième de l’établissement après les collaborations avec le Brésil, l’Orient et la Pologne.
Manuscrits, estampes, photographies, cartes, enregistrements sonores, objets... Plus de 7000 documents exceptionnels conservés à la BnF et dans des bibliothèques partenaires des deux pays sont désormais accessibles à tous, enrichis de contenus rédigés par des spécialistes de renommée internationale.
Ce nouveau site, qui illustre les interactions culturelles, religieuses et scientifiques entre la France et la Chine du XVIe siècle à 1945, ouvre au grand public une partie de la collection sinologique de la Bibliothèque nationale de France, l’une des plus riches du monde.
[...]
Le site France-Chine est un projet collaboratif entre la BnF et la Bibliothèque nationale de Chine (BnC) qui souhaitent, sur la durée, mettre en œuvre un programme de coopération numérique avec comme ambition commune de rendre compte des interactions culturelles, religieuses et scientifiques entre la France et la Chine, du XVIe au XXe siècle.
D'autres ensembles documentaires et iconographiques complémentaires venant de la Bibliothèque Diplomatique Numérique et de la Bibliothèque municipale de Lyon, riche en ouvrages chinois ou en rapport avec la Chine, enrichissent le site. Prochainement, la Bibliothèque de Shanghai, en particulier sa bibliothèque des jésuites qui possède un fonds patrimonial remarquable relatif à la concession française, s’associera au projet.
[...]
Il est organisé en 6 rubriques :

– "Routes et voyageurs", dans laquelle on peut redécouvrir par exemple le magnifique "Livre des merveilles" de Marco Polo. Une importante sélection de cartes marines issues du fonds du service hydrographique de la Marine, des cartes chinoises anciennes ou les cartes de la Chine de la collection d’Anville y figurent également.

– "Pouvoirs et diplomatie" retrace les liens diplomatiques entre les deux pays, des origines à 1945. On y retrouve Les Quarante vues du jardin de la Clarté parfaite, chef-d’œuvre de l’art chinois daté du XVIIIe siècle. Ce document fait partie des joyaux du site France-Chine.

– "Connaissances" est dédiée au bouddhisme, au confucianisme et au taoïsme puis au développement, au début du XVIIIe siècle, de cette sinologie française, préfiguratrice des autres sinologies occidentales. Y figurent également les mathématiques, les sciences astrales, la médecine, la botanique, la zoologie ou encore la presse, réunissant des recueils remarquables tant sur le plan scientifique qu’esthétique.

– "Scènes de vie" est consacrée à la vie quotidienne en Chine, aussi bien aux métiers ou aux loisirs qu’aux costumes et l’ameublement chinois.

– "Techniques et artisanat" enrichit cet ensemble iconographique exceptionnel et témoigne d’une 'sinophilie du goût', qui se traduit dans toute l’Europe au XVIIIe, par des chinoiseries de toutes sortes, dans le mobilier, la vaisselle, les étoffes, l’architecture des jardins...

– "Arts et lettres" est consacrée à ce goût de la Chine, qui se décline également dans la musique, la littérature et le théâtre, avec des œuvres de Judith Gauthier, Victor Segalen ou encore Jules Verne.» 
 
 




dimanche 6 janvier 2019

Mais quoi ? Ils ne portent pas de haut-de-chausses


Tout d’abord une bonne année à tous.
Si l’on voulait suggérer quelques pistes originales que pourrait suivre le dragon en cette nouvelle année pour aborder la culture chinoise on pourrait évoquer l’ethnologie et la traduction. Deux pistes qui semblent assez éloignées l’une de l’autre. Il n’en est rien.
Dans Des Cannibales (I,31) Montaigne écrit : « Or je trouve, pour revenir à mon propos, qu’il n’y a rien de barbare et de sauvage en cette nation, à ce qu’on m’en a rapporté, sinon que chacun appelle barbarie ce qui n’est pas de son usage ». Qu’est ce qu’un barbare ? C’est celui qui ne s’habille pas comme nous, qui n’a pas le même langage, les mêmes habitations, les mêmes coutumes. C’est quelqu’un qui n’a pas les mêmes codes que nous. Or la pluralité, la diversité, la confrontation des codes est précieuse car c’est d’elle que nait le sens. « Aucune civilisation ne peut se penser elle-même, si elle ne dispose pas de quelques autres pour servir de terme de comparaison » Claude Lévi-Strauss, Anthropologie structurale II.

L’adage dit : Traduttore, traditore. Ce n’est pas toujours vrai. On peut même parfois penser le contraire. La conversion (la transplantation, comme le dit Montaigne) d’un code dans un autre peut accroitre la richesse, renforcer le sens. « En notre langage je trouve assez d’étoffe (de mots), mais peu de façon (travail); car il n’est rien qu’on ne fit du jargon de nos chasses et de notre guerre, qui est un généreux terrain à emprunter ; et les formes de parler, comme les herbes, s’amendent et fortifient en les transplantant » Montaigne Essais III.5. ou encore « La réflexion mythique a donc pour originalité d’opérer au moyen de plusieurs codes. Chacun extrait d’un domaine d’expérience des propriétés latentes permettant de le comparer avec d’autres domaines et, pour tout dire, de les traduire les uns dans les autres ; comme un texte peu intelligible en une seule langue, s’il est rendu simultanément dans plusieurs, laissera peut-être émaner de ces versions différentes un sens plus riche et plus profond qu’aucun de ceux, partiels et mutilés auquel chaque version prise à part eût permis d’accéder. » Claude Lévi-Strauss, La potière jalouse.
A développer bien sûr. Bonne année à tous.
Jean-Louis

mardi 11 décembre 2018

Comprendre, créer, signifier c'est relier



Anne Cheng et Claude Lévi-Strauss ont tous deux été ou sont encore professeurs au Collège de France. Mais ce n’est pas leur seul lieu de rencontre. Ils ont étudié des pensées (la pensée chinoise pour Anne Cheng et la mythologie amérindienne pour Claude Lévi-Strauss) certes très différentes mais qui ont en commun d’être des pensées relationnelles. On trouve donc assez souvent dans les ouvrages de ces deux auteurs des phrases qui s’éclairent mutuellement et qui nous permettent de mieux comprendre l’une et l’autre pensée.
En voici un exemple qui montre une conception de la naissance des œuvres philosophiques ou artistiques loin de la croyance romantique du génie créateur qui crée ex nihilo.

Anne Cheng : Les textes chinois s’éclairent dès lors que l’on sait à qui ils répondent. Ils ne peuvent donc constituer des systèmes clos puisque leur sens s’élabore dans le réseau des relations qui les constituent. Au lieu de se construire en concepts, les idées se développent dans ce grand jeu de renvois qui n’est autre que la tradition et qui en fait un processus vivant. Histoire de la pensée chinoise.
Cf Confucius : Je transmets, sans rien créer de nouveau, j’aime l’Antiquité Entretiens VII,1

Claude Lévi-Strauss : Quand l’artiste croit s’exprimer de façon spontanée, faire œuvre originale, il réplique à d’autres créateurs passés ou présents, actuels ou virtuels. Qu’on le sache ou qu’on l’ignore, on ne chemine jamais seul sur le chemin de la création. La Voie des masques.


Comprendre, composer, signifier c'est relier
Jean-Louis

lundi 19 novembre 2018

La pensée sauvage

Je voudrais tout d’abord remercier les participants à ma conférence du 20 octobre pour leur écoute attentive et Françoise pour l’organisation de cette conférence. J’envisage un nouveau projet de conférence dont le titre pourrait être : « Cosmologie chinoise et mythologie amérindienne ». Dans ce cadre j’ai repris un livre de Claude Lévi-Strauss intitulé La pensée sauvage. Le titre de cet ouvrage est bien sûr un jeu de mots puisqu’il désigne la pensée des hommes (pensée à l’état sauvage par opposition à la pensée scientifique) mais aussi la fleur dont le nom savant est viola tricolor. Dans l’appendice de cet ouvrage on trouve une légende allemande complétée par une interprétation polonaise qui m’a fait sourire car elle peut pas ne pas faire penser à un fait divers dont les media nous rabâchent les oreilles. En allemand, la viola tricolor se nomme Stiefmütterchen : petite marâtre. Dans l’interprétation populaire, le pétale inférieur, qui est le plus remarquable, repose de chaque côté sur un sépale : c’est la marâtre (épouse en secondes noces du père) assise dans un fauteuil. Les deux pétales adjacents, encore richement colorés, reposent chacun sur un sépale. Ils représentent les enfants du deuxième lit, chacun pourvu d’un siège. Les deux pétales supérieurs, dont la couleur est plus terne, s’appuient latéralement sur l’éperon du calice qui pointe au milieu : ce sont les pauvres enfants du premier lit, qui doivent se contenter d’un siège pour deux. Ainsi les légendes allemandes et polonaises transposent(traduisent) une situation familiale dans une caractéristique botanique. De la même manière, la mythologie amérindienne et la cosmologie chinoise utilisent simultanément plusieurs codes. "La réflexion mythique a pour originalité d'opérer au moyen de plusieurs codes. Chacun extrait d'un domaine des propriétés latentes permettant de le comparer avec d'autres domaines et, pour tout dire, de les traduire les uns dans les autres; comme un texte peu intelligible en une seule langue, s'il est rendu simultanément dans plusieurs, laissera peut-être émaner de ces versions différentes un sens plus riche et plus profond qu'aucun de ceux, partiels et mutilés, auquel chaque version prise à part eût permis d'accéder." Claude Lévi-Strauss La potière jalouse Jean-Louis

lundi 1 octobre 2018

C'est la rentrée! Conférence samedi 20 octobre

Les fondamentaux de la pensée chinoise. Conférence par Jean-Louis CHARY Cité des Associations 93, la Canebière - 13001 Marseille Le samedi 20 octobre à 15h00 L’association « Le Dragon dans un bol de thé » vous propose une conférence consacrée aux fondamentaux de la pensée chinoise. Que faut-il entendre par ce titre? Il s’agit des réponses apportées par la tradition chinoise à certaines des questions essentielles que se sont posées toutes les civilisations. Par exemple : quelle est l’origine du monde ? Quels sont les principes qui régissent le fonctionnement de l’Univers ? Quels sont les rapports entre le monde visible et le monde invisible ? Pour répondre à ces questions nous examinerons des notions telles que le Yin et le Yang, les cinq éléments/agents ou encore le souffle, le qi, ainsi que des pratiques et des ouvrages qui sont à l’origine de la culture chinoise : la divination, le culte des ancêtres, le Yijing (Livre des mutations). Pour qu’elles s’éclairent mutuellement nous rapprocherons les réponses chinoises des réponses apportées par notre propre culture.

dimanche 17 juin 2018

Portes ouvertes « Ai Weiwei Fan-Tan » Mardi 19 juin 2018 à 16h00 au Mucem

Infos du Mucem : "Découvrez gratuitement et en avant-première, la nouvelle exposition « Ai Weiwei Fan-Tan » lors d'une soirée sur le toit-terrasse du Mucem ! Cette exposition est présentée au Mucem du mercredi 20 juin 2018 au lundi 12 novembre 2018. Acteur majeur de la scène artistique internationale, l'artiste chinois Ai Weiwei nous propose un voyage à travers le temps et son œuvre, qu’il relie à son lignage paternel. Faisant apparaître des résonances inédites, cette exposition nous permet d’aborder le travail d’Ai Weiwei sous un jour nouveau, avec cinquante œuvres dont deux productions inédites, mises en parallèle avec cinquante objets des collections du Mucem. Commissariat : Judith Benhamou-Huet Scénographie : Cécile Degos Le Mucem invite l’artiste chinois Ai Weiwei, l’un des acteurs majeurs de la scène artistique internationale. Photographe, architecte, sculpteur, performeur, cinéaste et activiste sur les réseaux sociaux, son œuvre associe la pensée chinoise à l’art contemporain, s’inspirant notamment de Marcel Duchamp et d’Andy Warhol. Si ses créations interrogent nos sociétés avec tant de force, c’est parce qu’elles mettent en scène des objets du quotidien qui par le geste de transformation de l’artiste deviennent des œuvres d’art. Ai Weiwei est le fils du célèbre poète chinois Ai Qing (1910-1996), qui découvrit l’Occident en 1929 en débarquant à Marseille, sur les quais de la Joliette, à l’endroit-même où se situe aujourd’hui le Mucem. C’est pourquoi l’artiste nous propose un voyage à travers le temps et son œuvre, qu’il relie à son lignage paternel. Faisant apparaître des résonances inédites, cette exposition nous permet d’aborder le travail d’Ai Weiwei sous un jour nouveau. Ses créations, mises en parallèle à des objets des collections au Mucem, nous invitent à questionner des concepts opposés comme « Orient » et « Occident », « original » et « reproduction », « art » et « artisanat », « destruction » et « conservation ». Mais, avant tout, elles remettent en question nos systèmes d'interprétation".